Si parfois l’équipe se présentant toute première au podium dans le cadre du repêchage de la LNH est au prise avec un dilemme quant à l’identité du meilleur joueur disponible, cette année, le directeur général ainsi que l’équipe de dépisteurs des Sabres de Buffalo l’auront eu plutôt facile quant à leur premier choix.
Nico Hischier ou Nolan Patrick?
Auston Matthews ou Patrik Laine?
Nail Yakupov ou Ryan Murray?
Tyler Seguin ou Taylor Hall?
Certains voyaient même Jack Eichel comme au prétendant au titre de premier choix au total au détriment de Connor McDavid!
Cette année, le premier choix au total sera sans l’ombre d’un doute le jeune phénomène suédois Rasmus Dahlin. Ce défenseur mesurant six pieds, deux pouces et faisant osciller la balance à 181 livres possède tous les atouts recherchés quand on pense à un joueur faisant office de défenseur numéro un, de général autant sur le plan défensif qu’offensif. Tous les dépisteurs s’entendent pour dire qu’il s’agit là d’un talent exceptionnel, le genre de talent dont on ne voit qu’un ou deux exemples par génération.
Tout d’abord, son patinage est tout simplement exceptionnel, autant au niveau de l’agilité, de la rapidité, de l’explosivité, de la vitesse de pointe que de l’équilibre. Plusieurs ont décrit après l’avoir vu patiner qu’il semblait par moments flotter par-dessus la glace, multipliant les montées et les feintes spectaculaire. Tout ceci, en jouant en tant qu’adolescent dans une ligue d’hommes.
Une de ses plus grandes forces est son intelligence et sa compréhension du jeu. Il possède une vision remarquable et est capable de repérer ses coéquipiers avec aise même dans les situations les plus ardues. Il est capable de trouver les plus petites ouverture dans les couvertures adverses, et peut autant y aller de longues passes en relance, de transitions simples et efficaces en zone neutre, ou encore d’agir en tant que quart-arrière sur l’avantage numérique.
Son maniement de la rondelle est exceptionnel, et il est capable d’y aller de toutes sortes de manoeuvres à haute vitesse sans difficulté, ce qui le rend extrêmement difficile à contrer pour les défensives adverses. Il suffit de regarder un ou deux vidéos de ses faits saillants pour constater sa capacité à effectuer des jeux spectaculaires. Il se porte régulièrement en attaque de façon aggressive, mais a l’intelligence de se replier quand il le faut et se fait rarement prendre profondément en zone offensive lors d’une relance adverse.
Le seul petit bémol sur son jeu offensif se situerait sûrement sur la puissance de son tir. Ceci ne l’a par contre jamais empêché de marquer plus que sa part de buts, mais il ne marque pas par la force brute de son tir, mais plutôt par sa capacité à trouver les ouvertures et à diriger ses tirs au buts avec précision, rapidité et à travers les joueurs se trouvant devant le but. Son choix de tir est toujours excellent, qu’il tente d’enfiler l’aiguille derrière un gardien ayant la vue voilée, ou qu’il essaie plutôt d’envoyer une rondelle vers un coéquipier pour un déviation.
Ce qui rend Dahlin si attrayant est qu’en plus de son jeu offensif tout simplement dominant, il excelle aussi sur le plan défensif du jeu. Son positionnement est une force et son patinage l’aide à maintenir un écart optimal entre lui et l’attaquant qui lui fait face. Plus souvent qu’autrement, il se sert de son bâton pour contrer les attaques adverses, cependant il est capable d’y aller de mises en échec percutantes. Il possède la charpente nécessaire pour le faire et quand il voit un opportunité, il sait la saisir mais ne s’éloignera pas de sa position uniquement pour obtenir une grosse mise en échec.
Il utilise sa force physique afin de remporter de nombreuses batailles dans les coins de sa zone défensive, ou pour repousser un attaquant et s’emparer de la rondelle. Dès que son équipe récupère une rondelle, il entre en mode relance et est capable de faire transitioner en l’espace de quelques secondes le jeu loin de sa zone et hors de danger pour son gardien de but.
Son parcours lors des dernières années est très impressionant. Il a d’abord dominé partout ou il est passé dans les rangs mineurs, avec notamment un performance de 27 buts et 36 points en cinq parties(!) dans la deuxième division Suédoise chez les moins de 16 ans en 2014-2015, avant d’être promu en première division ou il a alors obtenu 19 buts et 48 points en 15 parties. Ceci s’ensuivit d’une deuxième promotion vers la première division chez les moins de 18 ans, alors qu’il y a obtenu 12 buts et 26 points en 18 parties.
À la fin de cette même saison, il fût pour la troisième fois promu, cette fois vers la troisième division suédoise, jouant contre des joueurs d’âge adulte. Il y obtenut alors un but et six points en dix parties, pour un total de 59 buts et 116 points en 48 parties lors d’une seule et même saison.
En 2016-2017, à l’âge de 16 ans, il a fait ses débuts dans la SHL, une ligue professionelle de très haut calibre, jouant avec et contre plusieurs joueurs ayant de l’expérience dans la LNH. Il y impressionna dès ses premiers coups de patin. Sa première saison ne fût pas hautement productive sur le plan offensif, avec un but et trois points en 26 parties, mais tous les observateurs pouvaient d’ores et déjà s’entendre sur son talent exceptionnel et sur ses habiletés époustouflantes.
La saison dernière, à 17 ans, il montra une production impressionante de sept buts et 20 points en 41 parties. Cette production se compare à celle de Victor Hedman lors de son année de repêchage, lui qui avait obtenu sept buts et 21 points en 43 parties en SEL. Erik Karlsson, lui, faisait ses débuts en SEL à son année de repêchage, n’obtenant qu’un but en sept parties. Il avait obtenu l’année suivant son repêchage des totaux grandement moindres de cinq buts et dix points en 45 parties.
Il ne fait presque aucun doute dans mon esprit que Dahlin sera dans la LNH l’an prochain. Il a selon tous les observateurs montré une progression fulgurante, une énorme capacité d’apprentissage et d’amélioration, ainsi qu’une maturité hors du commun dans son jeu, même sans considérer le fait qu’il était en plein apprentissage tout au long de son parcours. Il sera excitant de l’observer évoluer et la vraie question est de savoir combien de points il saura enfiler lors de sa première campagne.
20? Aucun doute.
30? Fort problablement!
40? Possible!
50? Qui sait?
Plus encore? On peut rêver quand on voit des saisons recrues comme celles de Shayne Gostisbehere ou Zach Werenski, les paris sont donc ouverts!