Si vous êtes un fan de la mentalité qui veut qu’il faut choisir à tout coup le meilleur joueur disponible lors du repêchage, Jacob Olofsson est un choix qui tombe sous le sens. Si vous êtes un fan de la mentalité qui veut qu’il faut choisir selon les besoins organisationnels, Jacob Olofsson est aussi un choix qui tombe sous le sens. De tous les jeunes repêchés par le CH cette année, il est selon ce que j’ai pu observer le choix le moins contesté.
En effet, le jeune joueur de centre de 6 pieds 3 et environ 190 livres était vu par plusieurs observateurs comme un choix de fin de première ronde ou de début de deuxième ronde et beaucoup furent surpris de la voir encore disponible au 56ème échelon, dont Trevor Timmins et son équipe de recruteurs. Olofsson était entre autre le neuvième meilleur patineur Européen selon la liste de la Centrale de Dépistage de la LNH. De plus, il vient s’ajouter en tant qu’un autre prospect à la position de centre pour le CH, leurs besoins à cette position étant bien connus.
L’an dernier, il a évolué avec le club de Timrå en Allsvenskan, ligue de deuxième division Suédoise. Il y a obtenu une très bonne production de 10 buts et 21 points en 43 parties. À sa saison recrue l’année précédente, il n’y avait obtenu aucun point en 14 parties. On a donc pu voir une grande amélioration cette année de sa part après une entre-saison où il a semble-t-il mis les bouchées doubles afin de pouvoir s’établir dans une ligue d’homme en tant que joueur de 17 ans. Il fut utilisé en tant que centre responsable de deuxième ou troisième trio et a obtenu beaucoup de confiance de la part de ses entraîneurs alors qu’il fut de toutes les situations pour son équipe.

Il a aussi démontré savoir marquer des buts importants pour son équipe. Lors du tournoi annuel nommé Kvalserien, les quatre meilleures équipes de la ligue de 2ème division ou Olofsson évoluait cette saison affrontent les deux pires équipes de la SHL. À l’issue du tournoi, les deux meilleures équipes se garantissent une place dans la SHL la saison suivante. Olofsson a aidé son équipe à finir parmi les deux premières avec trois gros buts et une passe en dix parties et il jouera ainsi avec la même équipe de Timrå l’an prochain, mais cette fois en SHL, ligue de première division.
On peut parier que cela l’aidera à faire la transition, lui qui sera déjà parfaitement à jour quant au système de jeu de son équipe et qui aura déjà développé une chimie avec ses coéquipiers. On est donc en droit de s’attendre à voir Olofsson jouer un rôle prédominant au sein de son équipe, jouant à nouveau lors de tout genre de situations et apportant une production offensive considérable.
Au niveau des championnats mondiaux, Olofsson a participé lors des deux dernières saisons au tournoi des moins de 18 ans, mais n’a pas été retenu pour l’équipe des moins de 20 ans, faisant partie des dernières coupures cette année. En 2017, il avait obtenu trois buts en sept parties alors que la Suède était éliminée en demi-finale.
Cette année, il a obtenu trois passes en sept parties alors que son équipe remportait la médaille de Bronze et a obtenu deux buts et quatre points en cinq parties au tournoi Ivan Hlinka. Ce ne furent pas des performances dominantes, mais il ne fut pas non plus décevant, montrant le même jeu responsable et complet qu’on lui connaît, avec une touche offensive considérable.
Une des forces d’Olofsson se situe au niveau de ses départs et de ses accélérations. Bien qu’il ne possède pas une vitesse de pointe époustouflante, il est capable d’atteindre sa vitesse maximale très rapidement et est en mesure de réagir rapidement pour se précipiter vers les rondelles libres.
On peut d’ailleurs avancer que cette accélération sera d’autant plus utile en Amérique du Nord où les patinoires sont plus petites et où les joueurs se doivent d’être explosifs alors qu’ils ont moins d’espace pour atteindre leur vitesse de croisière. De plus, il possède une très bonne agilité sur patins et sa technique est très bonne. Il est agile sur les virages, pivots et changements de direction et sait manoeuvrer intelligement grâce à ces attributs.
Il est aussi un joueur qui est actif autant en échec-avant qu’en échec-arrière. Olofsson est un jeune qui possède une intelligence du jeu très développée et il sait se placer de manière à être en mesure d’intervenir dans le jeu efficacement dans toutes les zones. Il n’est pas le joueur le plus combatif, mais il reconnaît sans aucun doute l’importance d’appliquer une pression constante sur ses adversaires et on peut le voir causer plusieurs revirements ainsi. Il gagnerait cependant à ajouter de la hargne dans son jeu, ce qui le rendrait encore plus efficace en échec-avant. Dans ce sens, il serait comparable à Tomas Plekanec, qu’on peut voir constamment appliquer de la pression sur l’adversaire sans pour autant être le joueur le plus intense.
Au niveau du maniement de la rondelle, il possède des habiletés très intéressantes. Il est un joueur au gabarit imposant et démontre une grande force quand vient le temps de protéger la rondelle. Il est difficile à tasser, lui qui possède un excellent sens de l’équilibre et de très bonne mains rapides et efficaces. Il est bon quand vient le temps de contrôler le jeu le long des bandes et en fond de zone offensive et il est capable de feinter l’adversaire ou d’y aller de changements de vitesses afin de créer de l’espace et repérer ses coéquipiers. Il ne choisit pas trop souvent d’y aller de jeux de finesse à bas pourcentage, préférant le jeu efficace la plupart du temps, ce qui rend ses feintes plus efficaces lorsqu’il choisit de les sortir.
Il possède aussi un bon tir, sa force principale étant la rapidité avec laquelle il décoche ses tirs. Il n’a pas besoin de beaucoup d’espace pour diriger une rondelle vers le filet. Sa rapidité oeil-main fait en sorte qu’il est un danger quand vient le temps de faire dévier une rondelle ou de sauter sur un retour devant le filet. Encore une fois, il n’est pas un joueur qui va déranger l’adversaire devant le filet par son jeu physique et sa hargne, mais son intelligence fait en sorte qu’il sait où se placer sur la glace et est capable de capitaliser sur des chances de marquer ainsi.
Ce qu’Olofsson doit travailler? De un, il aurait avantage à améliorer sa vitesse de pointe. Vu son accélération, sa menace offensive augmenterait d’un bon cran ou deux s’il était capable d’atteindre une vitesse plus impressionnante. De deux, il gagnerait à parfois être un peu moins passif dans le jeu. Il peut parfois tomber un peu trop dans un rôle d’observateur et cela a eu pour effet de limiter sa constance au niveau de la production et de l’implication dans le jeu.
Il ne possède pas de faiblesse évidentes, lui qui a des attributs intéressants dans toutes les facettes du jeu, c’est pourquoi je crois que s’il améliore sa vitesse au point qu’on puisse qualifier son patinage au complet d’élite, son potentiel s’en verrait augmenté. Selon moi, son plafond actuel se situe au niveau d’un centre de milieu d’alignement, soit un joueur de deuxième trio très correct ou encore un très bon joueur de troisième trio. Cependant, il n’est pas clair si ses attributs offensifs sauront se transposer dans la LNH et il serait tout aussi possible qu’il devienne un Jacob De La Rose légèrement plus talentueux et il possède les attributs qui lui permettraient d’être un joueur de quatrième trio de grande qualité.
Son potentiel offensif n’est pas à négliger car il a démontré jusqu’à maintenant savoir produire à tous les niveaux. Je crois que la nature non spectaculaire de son jeu et le fait qu’il préfère efficacité plutôt que finesse fait en sorte que son talent offensif saute moins aux yeux. Il est important de mentionner la comparaison très flatteuse qui se fait entre lui et Filip Forsberg. À son année de repêchage, Forsberg avait obtenu huit buts et 17 points en 43 parties dans la même ligue qu’Olofsson, une performance moindre que celle du 4ème choix du CH cette année. Il avait explosé uniquement la saison suivante, avec 15 buts et 33 points en 38 parties dans la même ligue.
Au niveau du style de jeu, on pourrait dire qu’il penche légèrement vers le prototype « power forward », lui qui possède une charpente imposante, une grande portée et une excellente protection de la rondelle, mais il lui manque l’aspect de dominance physique et d’aggressivité qui le rendrait un authentique attaquant de puissance. On pourrait le qualifier de croisement entre un attaquant de puissance et un centre « two-way ». Je crois qu’il serait raisonnable de s’attendre à de performances similaire à celles d’un joueur comme Lars Eller l’an dernier avec les Capitals de Washington. 18 buts, 38 points, du jeu responsable défensivement, excellent en possession de rondelle, fort physiquement sans distribuer les coups d’épaules à la minute et bon patineur.
L’an prochain, Olofsson évoluera donc en SHL. Il aura l’avantage d’y parvenir au sein d’une équipe avec laquelle il a déjà disputé plus d’une saison complète, ce qui devrait lui procurer un élément de confiance important alors qu’il fera tout son possible pour s’établir en tant qu’attaquant top 6 dans cette ligue de première division Suédoise.
On voudra le voir afficher au minimum les mêmes chiffres offensifs que cette année, soit un but au quatre parties et un point au deux parties. Il pourrait être en Amérique du Nord sous peu, alors qu’il aura deux saisons et demi d’expérience chez les pros avant d’entamer la saison 2019-2020. Chose sûre, il aura beaucoup de compétition à l’interne chez le CH quand le temps viendra de se tailler un poste chez les pros, lui qui figure parmi une banque d’espoirs au centre soudainement pas mal plus alléchante qu’il y a peu de temps!