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Flashback vers la fin de la saison 2016-2017 chez le Canadien de Montréal: Alexander Radulov complète un retour en Amérique du Nord assez réussi, Galchenyuk obtient 44 points en 61 parties, la plupart jouées à l’aile, et le meilleur marqueur à la position de centre est nul autre que Phillip Danault avec 13 buts et 40 points. Derrière lui, Tomas Plekanec obtient de maigres totaux 10 buts et 28 points. Les carences à la position centrale ne furent jamais aussi claires.

Le repêchage venu, Trevor Timmins et son équipe jettent leur dévolu sur le jeune joueur collégial Ryan Poehling, le voyant comme le meilleur centre disponible et comme un joueur pouvant éventuellement remplir un rôle dans leur top 6. Il n’est pas le joueur le plus connu des amateurs et ses chiffres offensifs de sept buts et treize points en 35 parties en déçoivent plusieurs, laissant croire qu’on vient de repêcher un autre joueur défensif de milieu d’alignement, au mieux.

Cependant, en l’observant évoluer la saison suivante, force fût de constater que le plus jeune des trois frères Poehling, qui jouent tous les trois ensemble pour les Huskies de St Cloud State, possède un talent offensif fort intéressant. En 2017-2018, il doubla son total de buts et tripla son total de passes, obtenant 14 buts et 31 points en 36 parties. Et puis, question de s’assurer que le message soit bien passé, il marqua le but suivant:

Il est important de spécifier que, lors de sa saison de repêchage, Poehling était le plus jeune joueur de son circuit. À son arrivée dans les rangs collégiaux, il a quelque peu simplifié son jeu afin de pouvoir s’y adapter et bien y paraître et était quelque peu réservé dans sa créativité, s’assurant avant tout d’être responsable défensivement et de ne pas faire mal à son équipe avec des erreurs de recrue. Considérant ceci, sa première saison fût satisfaisante et il y montrait déjà des promesses entre autre avec plusieurs buts marqués à l’aide de belles déviations.

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(Source: eliteprospects.com)

Offensivement, Poehling se démarque avant tout par sa créativité en tant que fabriquant de jeux. Il est un joueur extrêmement rapide et explosif sur ses patins et possède une excellente accélération. Grâce à son gabarit de 6’2″, il est donc capable de protéger la rondelle et d’effectuer de nombreuses entrées de zone en vitesse tout en conservant la rondelle. Il excelle à attirer la couverture adverse vers lui, laissant croire à un tir ou une montée au filet de sa part pour ensuite refiler la rondelle à un coéquipier.

Il excelle aussi à utiliser son maniement de rondelle afin de créer des angles de passes. À cause de sa vitesse, l’adversaire se doit de respecter sa capacité à se diriger directement au but sur une contre-attaque et d’y déjouer le gardien et ne peut « tricher » pour couper ses options de passe.

Poehling marque la grande majorité de ses buts non pas grâce à son lancer mais plutôt avec son impressionnante coordination œil-mains. Plus de la moitié de ses buts sont sur des déviations, ce qui est une de ses grandes spécialités. Grâce à sa vitesse, il est aussi régulièrement capable de se faufiler derrière les défenseurs adverses en contre-attaque, se dirigeant vers le filet pour ensuite rediriger une passe de ses coéquipiers. Il est capable de saisir rapidement des retours de lancers dans l’enclave.

Son tir n’est pas mauvais, mais ce n’est pas son arme favorite et il ne semble pas avoir un réel instinct de marqueur quand vient le temps d’effectuer des tirs au but, s’en servant plus dans le but de générer des retours de lancers pour ses compagnons de trios. Aussi, encore une fois grâce à sa vitesse, on peut le voir obtenir plusieurs échappées et il possède de très bonnes mains qui l’aident à déjouer les gardiens adverses dans de telles situations.

Poehling est un joueur responsable dans les deux sens de la patinoire qui y va la majorité du temps du jeu simple et efficace. Il cherche à faire circuler rapidement la rondelle et l’éloigner de sa zone le plus efficacement possible. Il est intense autant en échec-avant qu’en échec-arrière et son intensité n’a jamais été remise en question. Il semble aussi avoir une excellente attitude et est un joueur très travaillant qui réalise le travail qu’il a encore à faire.

Il est aussi un joueur fort physiquement et qui ne se laisse pas tasser lors des batailles pour les rondelles et le long des bandes. Il n’est cependant pas un joueur agressif au point de vue physique, se servant plutôt de sa taille pour protéger la rondelle et la soutirer à l’adversaire. Sa vitesse, son intelligence du jeu et son intensité lui permettent de créer plusieurs revirements chez l’adversaire et il sait s’en saisir sans attendre pour se diriger à toute vitesse vers la zone adverse.

Au niveau international, Poehling a eu plusieurs performances intéressantes aux championnats mondiaux, avec trois buts et cinq points en sept parties en 2017 chez les moins de 18 ans, et un but et trois points cette année chez les moins de 20 ans. Sa meilleure performance fût en 2016 au tournoi Hlinka, avant d’être repêché, alors qu’il avait obtenu quatre buts et six points en quatre parties.

Poehling a clairement un potentiel de joueur top 6. On pourrait le comparer à un joueur comme Jordan Staal – je crois que s’il se développe au maximum de son potentiel il sera un joueur qui récoltera une vingtaine de buts et de 50 à 55 points, un excellent centre de deuxième trio efficace, productif et responsable, en qui les entraîneurs pourront avoir confiance dans toutes les situations. Il ferait cependant un excellent joueur de troisième ou quatrième trio s’il ne se développe pas offensivement.

Cette saison, Poehling a pour l’instant trois buts et quinze points en quatorze parties, maintenant un rythme de plus d’un point par partie. Les Huskies voudront se racheter après une sortie hâtive lors du tournoi de fin d’année plus tôt en 2018, alors qu’ils ont été éliminés très rapidement malgré avoir passé la majorité de la saison au sommet du classement. On voudra donc voir le jeune joueur de centre originaire du Minnesota continuer sa cadence d’un point par match, en plus d’obtenir de meilleurs performances lors du tournoi de fin d’année en 2019.

Il est fort possible qu’on voit Poehling cogner aux portes de la LNH dès l’an prochain et il est le genre de joueur que Claude Julien saura sûrement apprécier. Il aura alors trois saisons complètes d’expérience dans les rangs collégiaux mais un passage dans la LAH, comme pour Jake Evans, ne serait probablement mauvais si on craint que l’adaptation au calendrier de 82 saisons soit difficile, les équipes collégiales ne disputant que 36 parties par saison.

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